Le plastique oxo-dégradable

Préambule : ce billet parle de plastique oxo-dégradable qui peut-être utilisé pour fabriquer du FILM ÉTIRABLE, une alternative au film étirable encore couramment vendu, et qui contiennent généralement du PVC !… Ce billet NE PARLE PAS DES SACS PLASTIQUES ! ;)

 

Il y a plus de dix ans que l’on parle des plastiques biodégradables, mais les spécialistes sont prudents sur leurs véritables impacts sur l’environnement. Beaucoup d’entre eux sont issus encore du pétrole et ont donc une  dégradation très lente et très polluante. Pour pallier à cela, aujourd’hui, on introduit des agents bio dégradant qui facilitent leur oxydation (par l’air et la chaleur) et leur dégradation (par les micro-organismes présent dans le sol). Ainsi parle t-on de plastique oxo-dégradable.

Parmi les grandes familles de plastiques biodégradables on retrouve ceux issus de l’industrie pétrochimique, c’est à dire de la transformation du pétrole. Or, comme ils ne sont pas naturellement dégradables, un agent dégradant est introduit au moment de la fabrication. Schéma d'un plastique oxo-dégradable

Accélération de la fragmentation abiotique

L'agent D2W est un agent biodégradant pour plastique L’agent D2W®, bio-dégradant (d’origine naturelle), va modifier le comportement du polymère  en favorisant la rupture des liaisons carbone entre les molécules. En présence d’oxygène sous l’effet de la chaleur et des UV, dans l’environnement, il perd sa résistance mécanique, se fragmente, disparaît visuellement puis se biodégrade, sans laisser de dépôts toxiques. Cette dégradation s’accélère lors d’une exposition à la chaleur à la lumière ou sous l’effet de contraintes mécaniques. On parle de dégradation abiotique.

Amélioration de la dégradation biotique

Elle se poursuit lorsque le plastique est enterré. La dégradation est totale entre 14 à 16 mois (cette durée étant programmable). La matière oxydée, en présence de micro-organismes est alors convertie en CO² assimilé, H²O et en biomasse selon un processus de biodégradation identique à celui des matières naturelles (feuilles, pailles…). On parle de dégradation biotique.

Recyclage

S’ils sont récupérés, les plastiques oxo-biodégradables peuvent être recyclés, compostés ou incinérés. S’ils ne sont pas collectés, ils se dégradent et disparaissent dans une période relativement courte et cela même s’ils sont enterrés, conformément à la norme ASTM D6954-04.

L’utilisation de l’agent n’induit aucun effet négatif sur la qualité, l’opacité ou l’étanchéité, ni sur la résistance à la traction du plastique. Les plastiques 100% oxo-biodégradables sont donc à la fois très économiques, hautement dégradables et participent à la constitution de biomasse.

Retrouver notre film alimentaire étirable oxo-biodégradable sur notre site-commerce.

9 thoughts on “Le plastique oxo-dégradable

  1. Quel que soit « l’agent biodégradant », les sacs plastiques restent majoritairement faits de pétrole. Ils sont aussi toxiques, suffocants ou aussi dangereusement ingérables par la faune, que les autres dénués « d’agent », au moins jusqu’à leur dégradation. Ce qui est déjà trop.

    De plus, cette dégradation paraît à relativiser. L’institut de technologie suédois déclare qu’il n’est pas démontré de forte dégradation des polyéthylènes dits « biodégradables ». Pire, que la perte réelle d’une partie des propriétés plastiques n’est pas établie comme bénéfique pour l’environnement.

    Le ministère britannique de l’environnement, via une étude de l’université de Loughborough, affirme que ladite fragmentation des oxodégradables dépend de « la chaleur ambiante et de la durée d’exposition à la lumière » du lieu de dépôt du sac. (Si tant est que ce dernier ne se balade pas au grès du vent, ajouterai-je). Il s’altèrerait alors en fragments pendant deux à cinq ans et que ces derniers ne se décomposeraient que de façon très lente.

    Ces fragments dénatureraient le compost en le rendant inutilisable et ne seraient pas recyclables du fait même des additifs qui corrompent aussi le produit recyclé. La solution serait dès lors les incinérer ou des enfouir… Tout ça pour ça.

    Il semble donc qu’au-delà des effets d’annonces « vertes » des industriels qui sont souvent plus marketing que réalité, la voie à poursuivre se situe plus du côté des contenants constitués de biomasse, de préférence recyclés, sans composants toxiques, de l’évolution de nos usages de consommation et de l’interdiction des plastiques à base polyéthylène ou autres dérivés du pétrole.

  2. Bonjour,
    Merci pour votre commentaire détaillé.
    En préambule, nous ne sommes pas chez Ecoburo ni chimistes, ni spécialistes en polymères. Nous avons sélectionné ce produit parce qu’il présente des avantages par rapport aux films étirables conventionnels, notamment ceux qui majoritairement contiennent du PVC, ce qui pour un contact alimentaire est tout à fait critiquable, mais surtout, il faut savoir que le PVC est très nocif quand il finit sa vie dans un incinérateur, car c’est source de dioxine !
    Vous avez certes raison quand vous dites que ce film est majoritairement fait de pétrole : mais il convient de rester réaliste. Ce n’est pas parce que ce type de film n’est pas idéal que plus aucun professionnels n’en utilisera là tout de suite. Quand il existera des films étirables à contact alimentaire mieux disant – car nous parlons que de film alimentaire et rien d’autre -, nous serons les premiers à en proposer. Vous concluez qu’il faudrait enfouir ce genre de film : mais c’est exactement ce que nous prônons car ce film est compostable grâce à sa dégradation accélérée. Un film étirable qui enveloppe un bout de fromage n’est pas assimilable à un sac plastique jeté dans la nature : attention aux amalgames hâtifs ;).
    Auriez-vous des liens vers les rapports des études que vous citez car elles sont certainement très intéressantes.
    Avec nos remerciements.

  3. Je précise bien que les agents présents dans le plastique accélèrent sa dégradation et non pas sa biodégradation, ce qui veut dire qu’il ne redevient pas matière organique. Contrairement à un sac fait à partir de fécule de maïs ou de pomme de terre qui sera grignoté par des vers et redeviendra matière organique dans la terre, un sac en plastique fait à partir de pétrole continuera à en être un, qu’il soit sous sa forme entière ou en poudre. Et c’est bien là que nous avons un problème : nous sommes en train d’inonder l’environnement d’une poudre microscopique qui partira dans nos sols, donc aussi dans nos nappes phréatiques, nos rivières, océans et dans l’air… Ainsi, nous commençons à boire du plastique. Sans s’en rendre compte. Non seulement nous, humains, mais les animaux sauvages aussi (les poissons déjà féminisés par les fortes concentrations d’hormones de pilule contraceptive dans l’eau ne seront pas épargné, mais aussi tout petit animal s’hydratant de l’eau des fleuves et rivières)…
    Le problème, c’est qu’il n’y a pas encore d’étude sur les effets de la consommation de microparticule de sac plastique sur notre sante, mais c’est parce que nous commençons à peine à en consommer. Voulons-nous vraiment attendre de subir ces effets pour les étudier ou sommes-nous suffisamment intelligeant pour les éviter, car, de toute évidence il y en aura. Si nous poussons notre analyse un peu plus loin, nous nous rendons vite compte que non seulement les microparticules de plastique partent dans l’environnement mais aussi les additifs rajouté à ce plastique et qui permet sa dégradation rapide. Ces additifs (qui n’existaient pas avant) sont eux même nocifs pour les humains et pour l’environnement.
    Tout ça me semble tellement absurde, que je me demande qui a bien pu permettre une telle décision en France ! L’être humain ne cesse de réfléchir à l’envers. Nous sommes aujourd’hui tous d’accord que l’utilisation de sacs plastique est problématique. La solution si simple (mais vraiment siiii simple) et si évidente qui consisterait à arrêter d’en produire et utiliser des sacs réutilisables n’est malheureusement pas retenue. Nous avons très naïvement cru que nous pouvons introduire un agent miraculeux capable de faire « disparaitre » ce problème, comme par magie… Nous savons tous très bien que le monde ne fonctionne pas de la sorte. D’abord, ce produit miraculeux est toxique. Ensuite, ce n’est pas parce que nous ne voyons pas la poussière sous le tapis qu’elle n’existe pas…
    Soyons plus intelligents qu’eux, utilisons des sacs réutilisables.

  4. Merci Gabriela pour cette intervention pleine de bon sens.
    Encore une fois, ce billet ne parle pas des sacs plastique ! Nous parlons ici de FILM ÉTIRABLE ALIMENTAIRE, pour lequel il n’existe pas d’alternative viable sans produit issu de la pétrochimie.

  5. Bonjour,
    ce billet est intéressant, Le sujet passionnant explique sans doute les discours exaltés. Toutefois afin de rester sur le sujet des films étirables oxo-dégradables, ils me semble important de préciser que ces films plastiques peuvent être recyclés, la question de la pétrochimie et de sa pollution est importante,
    Mais ce qui ne constitue pas un déchet peut constituer une nouvelle matière première.
    Il me semble important d’orienter le débat vers un « produisons du recyclable plutôt que du polluant ».
    Le biodégradable c’est beau, mais en quantité c’est aussi du polluant, exemple du lisier ….
    De nos jours trop de débats porte sur du qui à tord ou raison, il me semble que l’intelligence collective devrait être faire partie de la réponse.

    • Cher oxo-triche,

      Merci pour les liens vers ces 2 articles (que personnellement je ne qualifierais pas immédiatement de « référence » ! ;)). Le premier de pub-notre-planete.info est intéressant, car on y trouve de nombreux commentaires, notamment celui émanant de http://www.degradable.fr qui ne semble pas partager l’avis de l’auteur du billet… De fil en aiguille, il semblerait que l’Université Blaise Pascal à Clermont Ferrand soit experte en la matière: nous les avons contacté pour essayer d’avoir un avis externe et indépendant.

      Les affirmations de ce site sont-elles le reflet de la réalité ?
      http://www.biodeg.org/faqs.html

      En définitive, on lit à peu près tout et son contraire sur le sujet ! Nous Ecoburo, n’étant pas chimiste, nous croyons pour l’instant ce que nous dit le fabricant Français de ce film étirable oxo-dégradable.

      Cdlt

      • ce n’est une scientifique , il ne s’agit pas de madame Blaise Pascale mais du philosophe….. Blaise Pascal^
        Blaise Pascal, né le 19 juin 1623 à Clairmont (aujourd’hui Clermont-Ferrand), en Auvergne, mort le 19 août 1662 à Paris, est un mathématicien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et théologien français. Enfant précoce, il est éduqué…

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